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Kici Eatene à l’AG de l’ASEE (Luecila 2013)

 

Cet article ne sera pas un bilan exhaustif de l’AG mais une réflexion qui n’engage que son auteur (Kici Eatene), qui cherche à faire avancer le débat.

Réflexions sur l’AG 2013 de l’ASEE

Le 12 et 13 Août s’est déroulée à la tribu de Luecila, la 49ème assemblée générale de l’Alliance scolaire de l’Eglise Evangélique. C’est dans un contexte difficile que les différents délégués représentant les différents établissements de l’ASEE et la direction se sont retrouvés pour  définir les prochaines grandes orientations de l’Alliance et surtout pour procéder au  renouvellement de son conseil d’administration. Des personnalités de marque ont été invitées pendant ces deux jours : la ministre de l’enseignement privé, Mme Hélène Iekawé et une délégation de l’école confessionnelle protestante de Tahiti.

Un navire dans la tempête

En effet si l’ambiance était quelque peu tendue pendant ces deux jours, elle témoignait surtout des inquiétudes légitimes du personnel quant à l’avenir de l’ASEE. Ainsi jamais la métaphore biblique du bateau secoué par la tempête n’aura été aussi fréquemment utilisée dans les prises de parole, traduisant les récentes tensions qui secouent l’Alliance.

C’est dans les travaux en ateliers que l’on va voir émerger les différentes problématiques auxquelles nous sommes confrontés :

-la recherche d’une meilleure gestion financière et budgétaire

-le souci pour la direction d’une communication plus efficace

-l’évolution vers une forme d’institutionnalisation de l’ASEE

-un meilleur ancrage aux valeurs confessionnelles protestantes

-la lutte contre la baisse des effectifs et des stratégies pour que le personnel ne se trouve pas en situation précaire

-le renforcement de notre expertise pédagogique

A toutes ces questions, des éléments de réponse ont été  apportés à travers l’adoption  des motions (Cf. voir rapport de l’AG 2013). Cependant une interrogation majeure reste encore partiellement en suspens : celle d’une nécessaire adaptation de nos statuts et de notre mode de management pour répondre aux injonctions de nos différents partenaires :Vice-Rectorat, le Gouvernement de la NC, les provinces…C’est un chantier que notre direction a pris  à bras le corps.

Dans une période charnière de transfert de compétences et d’évolution institutionnelle pour la Nouvelle-Calédonie, l’ASEE n’échappe pas elle aussi à une forme de remise en question de son mode de fonctionnement. Il s’agit cependant de ne pas tomber dans une forme de psychose mais de trouver sereinement des outils adéquats pour mieux s’affirmer (sans se renier) et affronter les défis de demain.

Quels sont nos points forts ?

– une expertise reconnue dans la formation (scolaire, culturelle et spirituelle) et la réussite des cadres  kanaks (médecin, professeur, juriste, journaliste,  haut fonctionnaire…)

– une expertise dans la capacité d’innovation dans l’élaboration d’outils pédagogiques (nous sommes les premiers à promouvoir l’enseignement des langues kanak)

– un capital confiance des parents et des institutions

– un personnel engagé et compétent

– un ancrage en contexte tribal  (école de proximité)

Nous avons donc un formidable outil mais avec des potentialités qui restent encore inexploitées comme le travail de communication qui reste encore déficient…le lobbying (ou force de pression) auprès des institutions… l’exploitation des différents réseaux comme celui de nos anciens élèves aujourd’hui devenus des cadres dans différents secteurs…

Nous avons cette culture de l’innovation, il faut continuer à l’entretenir.

C’est cette culture qui a permis à nos vieux de proposer une autre alternative à l’école publique pour enrayer l’échec scolaire des élèves kanaks. SOMMES-NOUS TOUJOURS UNE VERITABLE FORCE DE PROPOSITION ?

Entre les droits et les devoirs : il faut choisir ?

Un débat reste malgré tout loin d’être clos, c’est celui du statut professionnel  de travailleur de l’ASEE. Tiraillé entre cet héritage de missionnaire de l’éducation et une nécessaire évolution dans la prise en compte de nos statuts, nous abordons cette période difficile avec énormément d’interrogations. La question qui nous taraude, c’est finalement où placer le curseur ? La Mission ou nos Droits ?

Certains débats comme la légitimité de notre comité d’entreprise ou le rôle des syndicats dans  l’ASEE traduisent  assez bien notre difficulté à nous sortir de ce dilemme un peu schizophrénique (il faut bien l’avouer !).

Ne pas y répondre clairement, c’est laisser perdurer une ambiance anxiogène dans nos établissements et à terme favoriser des logiques de blocs car il y a bien une dimension cachée et pathologique à  cette problématique. Ne nous voilons pas la face !

Il nous faut au contraire dépassionner le débat et accepter que loin d’être antinomiques ces deux options sont au contraire bien complémentaires.

Il ne peut y avoir de DEVOIRS  si les droits du travailleur de l’Alliance ne sont pas respectés…car comment espérer du personnel une  totale adhésion à cette mission d’éducation sans une garantie de sécurité professionnelle  de la part de l’institution ?

Et tous nos employés croient et adhèrent aux valeurs et au projet commun de l’ASEE : celui de former les futurs citoyens de ce pays en devenir.  Ce sont tous DES MILITANTS, en particulier… …ceux qui ne sont pas  de confession protestante …ceux qui  ne sont pas  des protestants pratiquants…ceux qui ne sont pas d’origine kanak…TOUS sans exception participent à ce grand rêve initié par nos vieux et qui se concrétise chaque année par ces étudiants  diplômés qui sortent de nos établissements.

Evitons la logique des blocs car nous aspirons tous (Direction/salariés/syndicats/comité d’entreprise) à la même chose : faire en sorte que ce formidable outil qu’est l’ASEE  soit une véritable institution du paysage éducatif calédonien.

Nous n’avons pas le droit de renier notre histoire mais nous devons aussi nous affirmer et nous battre  avec les MOYENS qui sont DE NOTRE TEMPS.

Ne nous trompons pas d’adversaire : notre ennemi, c’est l’échec scolaire…c’est le manque de repères de notre jeunesse…ce sont les nouveaux fléaux : alcool…C’est la peur de l’avenir et le manque de perspectives pour nos enfants.

ESPERANCE ET FOI

Pendant ces deux jours, j’y ai vu la force de l’ASEE :

       –  une communauté d’hommes et de femmes venus d’horizons divers, jeunes et moins jeunes qui ont débattu, discuté, réfléchi, animés par une inébranlable volonté commune, habités par un même esprit de fraternité, de cohésion et de solidarité…une formidable intelligence collective  et positive au service de l’éducation de nos enfants.

         – les parents, les diacres et le pasteur, le groupe des jeunes, les vieux et les mamans  de la paroisse de Luecila qui nous ont accompagnés, nourris, encouragés par leurs chants. ZAVILILO, C’EST TON SOURIRE QUE JE VEUX !

Dans l’héritage traditionnel de l’ASEE, deux principes fondamentaux coexistent et transcendent notre projet éducatif : L’ESPERANCE ET LA FOI.

Sur toute la Nouvelle-Calédonie, des parents nous font confiance car nous incarnons cette espérance : celle de former leurs enfants…nos enfants  pour qu’ils deviennent les « Do Kamo » de ce pays.

AYONS FOI EN NOUS, EN NOTRE DIRECTION, EN NOS SALARIES ET AUX INSTANCES QUI LES REPRESENTENT, EN NOS PARENTS, EN NOS PARTENAIRES INSTITUTIONNELS  ET SURTOUT EN NOS COMPETENCES VOIRE  EN NOTRE CAPACITE  D’ALLER DE L’AVANT.

                                                                                                                                                                                                              Eatene Kici à Lifou

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